Mes activités

Portrait de femme: Yvonne Sylvain

1907 – 1989

Je poursuis les portraits de femme du mois de Mars et dans ce contexte sanitaire particulier qui ravage le monde , cette pandémie de coronavirus, je tenais à mettre à l’honneur une femme ayant contribué à la science.

Nourrie dans le terreau d’une famille riche d’engagement social et à l’ombre des audacieuses percées de ses ainées Madeleine et Suzanne, nul étonnement qu’Yvonne, au tournant décisif de sa vie, se retrouve, avec un brio et une fermeté reconnus, dans ce pas initiateur de nouvelles débouchées pour les femmes et qui la consacrera première Haïtienne médecin. Toute à des préoccupations de jeune fille du monde, échos de ces jeux dramatiques très goûtés auxquels, pour le plaisir de parents et amis, elle ne laissait, très jeune de se livrer en compagnie de sa soeur Jeanne, c’est pourtant à l’Art, qu’au sortir du brevet, elle s’accroche et s’adonne. Elève du sculpteur Normil Charles, elle touche à la peinture, à la critique d’art, au théatre et même à l’animation radiophonique : « Une action tout aussi louable était menée par la station radiophonique HH2S où presque chaque soir, des artistes tels, Yvonne Sylvain, Odette Martineau, Jacqueline Wiener Silvera, Lina Mathon, Marcel Sylvain, Marcel Camille « emportaient sur l’aile des ondes la pensée haïtienne, l’art haïtien » (4). Préoccupations appelées cependant à ne représenter qu’un appoint dans sa vie puisqu’un retour sur elle-même la verra, à 28 ans, échapper de peu au voile pour considérer comme un appel vers la science médicale cette impuissance durement ressentie face à la mort de sa mère. En 1940, au terme de cinq ans de brillantes études où elle semble n’avoir consenti que rarement à céder son titre de lauréate, elle obtient du Bureau sanitaire interaméricain une bourse de perfectionnement dans des universités américaines, l’habilitant à professer, faut-il s’en étonner, en qualité de gynécologue-obstétricienne(5). De retour en Haïti (1945), sa nomination comme médecin des hôpitaux et, plus tard, professeur à la Faculté de Médecine, la publication de nombreux articles et communications scientifiques dans des revues médicales ne seront d’aucune entrave à une pratique marquée de clinicienne spécialisée dans le traitement de l’infertilité, loin d’être inapercue. Dans l’insertion du docteur Sylvain en Haïti, la vague duvaliérienne fera un long crochet de 13 ans (1960 – 1973) pendant lesquels en tant que déléguée en Santé Publique, plus spécialement en santé génésique, de l’OMS, elle professera dans divers pays d’Afrique, puis, pour son propre compte, en tant que clinicienne à Costa Rica et à Dakar. A son actif on retient également une intense participation à la fondation de la Ligue haïtienne contre le cancer, l’introduction en Haïti du test « Papa Nicolaou » de dépistage du cancer de l’utérus, et les bases de fondation de l’Hôpital de la communauté haïtienne de Frères dont elle restera, jusqu’à sa mort une vice-présidente active et éminente.

Laisser un commentaire

Abonnez-vous à ce blog par e-mail.

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.